Mercredi 21 novembre 2007
Lorsqu'on commence le graffiti, que soit par curiosité ou motivation artistique, politique ou autre, la question que l'on
se pose tôt ou tard concerne le nom de la signature. Certains peuvent se demander l'intérêt qu'il peut y avoir de se retrouver au millieu d'une rue à 3 heures du mat en train de peindre un mur et
beaucoup de monde s'interroge sur le caractère (il)légale de cette pratique.
Mais le but de ce blog n'est pas d'engager la polémique, de prendre position ou de motiver les troupes, c'est juste un archivage photographique de mes peintures.
Quoiqu'il en soit, le graffiti plaît ou énnerve, mais laisse rarement indifférent...
En tout cas pour ma part, j'ai fais preuve d'une très grande originalité puisque mon premier
"blaze" (nom de tag) à été mon prénom ! Quelques tags plus tard, étant fan de basket, j'ai composé mon blase en mélangeant deux de mes innitiales avec les
innitiales du charismatique joueur de basket, Denis Rodman (il jouait à l'époque aux cotés de Jordan), ce qui au final à donné Déra.
Je dois admettre que cette pseudo reflexion intellectuelle était tirée par les cheveux et cette idée de Déra d'égoute... hum... Mais à 17 ans je devais n'avoir qu'une
reflexion assez limitée...
Après des débuts difficiles, surtout sur un plan artistique, j'ai intégré un groupe qui par la
suite s'est révélé salutaire pour moi, une équipe composée de Druck, Pir, Ask, Dés, Ken, Hépok, Tilk, Shil, Mealone, Keep et Exper pour ne citer qu'eux. Cette
deuxième famille comme on s'est souvent l'entendu dire, est devenu plus qu'une team de graffeur, merci LDK !
Pendant cette transition, j'ai posé pendant un moment mon troisième nom : DIABLE, sur les
murs de St Denis principalement. Cette période à durée un peu plus de deux ans. 6 lettres dont le "D" et le "E" que j'ai toujours gardé par la suite en raison d'une affection
particulière pour leur forme aisément modelable.
Après une bonne période j'ai encore changé de nom plusieurs fois avec des noms les plus étranges
comme AIR, 91, ALIEN, et je dois en oublier... pour enfin arriver à celui que j'ai gardé un bon moment : JEDY
Par Supa djed
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Dans le graffiti, il y a, pour moi, trois sortes d'interventions : le tag,
le graff et le reste (détournement d'affiches de Jace, création d'affiches comme shepard fairey, mosaïques de space invaderz,
zeus, atlas, etc.).
En réalité il y a bien plus de distinctions comme le flop ou throw up, le bloc letterz, les stickerz, etc. mais les principales catégories restent d'après moi celles énoncées ci
dessus.
Cette distinction se fait principalement par rapport aux motivations des artistes.
Les taggeurs sont certainement les plus nombreux activistes du mouvement graffiti et leur intention est généralement de se faire connaître du plus
grand nombre. C'est une sorte de jeu ou l'ego occupe une place prédominante dans cet acte. J'ai toujours aimé tagger et si je ne m'intéresse plus autant qu'avant à cette partie je suis toujours en
quête de nouveaux lettrages, de nouvelles formes, un peu à la manière d'un logo type.
Viennent ensuite les graffeurs, qui peuvent bien évidemment se situer dans
la catégorie taggeur et autre en même temps. Je me suis souvent senti plus proche de cette dénomination car un graff apporte une dimension plus importante qu'un tag. Un graff bien exécuté, à la
fois original de par ses formes ou son remplissage, aura plus d'impact que cent tags placé autour et vice et versa. Mais le réel intérêt du graff et que son auteur réalise ses lettres en volume,
réfléchis à des couleurs, au lieu "d'exposition", etc. ce qui est, je trouve, plus valorisant tant pour celui qui l'exécute que pour le
"public"...
En tout cas pour moi le plus important depuis près de dix ans est de
repenser à chaque nouveau graff une nouvelle forme de lettre, un nouveau concept, de nouvelles courbes, formes, agencements, etc. Cette volonté ne s'inscrit pas dans une démarche pseudo
intellectuelle ou artistique mais c'est simplement l'envie de ne pas m'enfermer dans un style, l'envie d'expérimenter, de surpasser une contrainte et aussi ne pas répéter tout le temps la même
chose... Cependant j'ai réalisé plusieurs dizaines de petits personnages ayant tous la même tête, un peu à la manière d'un matraquage publicitaire, dans un esprit d'identité
visuelle.
Par Supa djed
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La dualité légale/illégale omniprésente dans le graffiti est un facteur des plus importants. Chaque "membre" du mouvement graffiti
est dès le début confronté, même de façon inconsciente, à cette problématique. Le graffiti est le plus souvent associé à un acte de vandalisme et ce n'est pas moi qui dirait le contraire. Il
existe des endroits plus ou moins tolérés comme des lieux désaffectés, des constructions abandonnées voire en démolition, etc. J'ai pu me rendre compte que dans ces lieux, la plupart des gens qui
passent par la ne semblent pas être dérangés et même les fonctionnaires de police ferment les yeux si l'endroit est vraiment laissé à l'abandon.
Néanmoins la majorité des taggeurs et graffeurs ont commencé dans l'illégalité. Pour ma part je dirais que j'ai beaucoup fait de graffs en
vandale car il n'est pas si aisé de trouver des lieux tolérés. De plus, l'adrénaline est un des leitmotivs les plus forts pour les participants. Quoiqu'il en soit tout les vandales ne sont pas
forcément à ranger dans la catégorie grand banditisme, un amalgame qui est trop souvent fait, hélas. Je ne prétend pas que le graffiti soit génial sous toutes ses formes et que les profanes se
trompe sur toute la ligne. Je pense juste que cela reste bien souvent de la peinture sur un mur. Certes ce support ne nous appartient pas mais il n'y a pas de vol, de casse, de viol, de raquette,
on ne tabasse pas une petite vieille pour lui voler son sac ! Beaucoup de gens m'ont déjà demandé si j'aimerai qu'on le fasse sur mon mur ou pourquoi je ne le ferai pas chez moi... Mais je le
fais chez moi..!
La publicité nous impose une pollution visuelle qui n'a pour vocation que de vendre, nous inciter à acheter les yoghourts 0% ou la
dernière toyota, le graffiti n'a pas cette démarche. Cela s'impose au regard, mais ça ne vend rien, ce n'est que de la couleur pour échapper à un quotidien de plus en plus sombre. Je n'espère pas
changer les avis en déclarant ça mais j'aimerai juste que les actes et les choses soient jugées de façon plus modérés. Je n'ai jamais taggé de voiture, je n'ai jamais taggé sur la porte de
quelqu'un, ni sur un édifice religieux ou un cimetière ou un arbre... il y a des choses que certains comme moi respectent même si ce mot peut faire sourire associé au
graffiti...
Par Supa djed
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Comme l'explique très bien Woshe dans son livre " les mains dans l'alphabet ", il peut
parfois être douloureux de sortir une lettre correcte qui soit en harmonie avec le reste... Mais s'il m'arrivait de passer des heures sur une feuille à mes débuts, je dois reconnaitre que j'y
passe de moins en moins de temps aujour'dhui...
En fait, je crois bien que cela fait des années que je n'me suis pas attardé plus d'une heure sur une maquette, ce qui est dommage car je dois reconnaitre que c'est un
bon moyen d'améliorer ses esquisses même si le résultat semble bon dès les premiers jets.
Quoiqu'il en soit voici quelques croquis réalisés il y a déjà plusieurs années.
Par Supa djed
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